démagogue


démagogue

démagogue [ demagɔg ] n.
• 1790; 1361-1688 sens gr.; gr. dêmagôgos « meneur de peuple, chef d'un parti populaire »
Personne qui flatte les masses pour gagner et exploiter leur faveur. Le démagogue est le pire ennemi de la démocratie. Adj. Orateur, politicien démagogue. Abrév. fam. (1972) DÉMAGO [ demago ] adj. et n. Quels démagos !

démagogue nom (grec dêmagôgos) Personne qui fait preuve de démagogie. Chef du parti populaire en Grèce. ● démagogue (citations) nom (grec dêmagôgos) Ésope VIIe-VIe s. avant J.-C. Les démagogues font d'autant mieux leurs affaires qu'ils ont jeté leur pays dans la discorde. Fables, 27, le Pêcheur qui bat l'eau

démagogue
n. et adj.
d1./d n. Personnage politique qui feint de soutenir les intérêts des masses pour mieux les dominer; personne qui professe des théories propres à flatter les passions et les préjugés populaires.
|| adj. Un politicien démagogue.
d2./d adj. (Sens atténué.) Se dit d'une personne qui cherche à s'attirer la popularité par une complaisance excessive.

⇒DÉMAGOGUE, adj. et subst.
A.— HIST. GR., subst. masc. Chef du parti populaire, qui l'est souvent devenu par son habileté à parler au peuple, en particulier à Athènes (cf. FUSTEL DE COUL., Cité antique, 1864, p. 435).
B.— POLITIQUE
1. Avec ou sans nuance péj.
a) (Celui, celle) qui est membre ou chef d'un parti populaire, d'un gouvernement issu de ce parti; qui cherche, par tous les moyens, à défendre les intérêts du peuple. Orateur démagogue. Ses gouvernants, gens, à coup sûr, très démagogues, très socialistes même (GOBINEAU, Corresp. [avec Tocqueville], 1850, p. 141). Depuis quelque temps, il [Marat] dénonçait les démagogues presque autant que les modérés (A. FRANCE, Dieux ont soif, 1912, p. 93).
b) [En parlant d'une collectivité] Le parti démagogue, accusateur et juge (POMMIER, Républ., 1836, p. 42).
2. Usuel, péj.
a) (Celui, celle) qui cherche à flatter le peuple par des paroles ou des actes, afin d'obtenir ses suffrages et de le dominer. Démagogue audacieux, habile démagogue (Ac. 1835, 1878) :
... les amis de Jaurès (...) traitent volontiers de démagogues les représentants de la nouvelle école et les accusent de chercher les applaudissements de masses impulsives.
SOREL, Réflexions sur la violence, 1908, p. 100.
b) P. ext. (Celui, celle) qui cherche à flatter une collectivité, un auditoire (cf. démagogie ex.).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1371 (ORESME, Trad. des Politiques d'Aristote, 2e p., f° 7d ds GDF. Compl., cf. aussi F. MEUNIER, Essai sur la vie et les ouvrages de Nicole Oresme, Paris, 1857, p. 171) attesté uniquement dans les trad. ou les commentaires en fr. des œuvres d'Oresme; 1688 péj. (BOSSUET, Hist. des variations des églises protestantes, V, § 18 ds LITTRÉ). Empr. au gr. « celui qui conduit le peuple », et, en mauvaise part, « celui qui cherche les faveurs du peuple en le flattant pour obtenir le pouvoir », composé de « le peuple » et « qui conduit, guide ». Fréq. abs. littér. :92. Bbg. MAT. Louis-Philippe 1951, p. 88.

démagogue [demagɔg] n. et adj.
ÉTYM. 1790, n. m.; 1361-1688, sens grec; grec dêmagôgos « meneur de peuple, chef d'un parti populaire », de dêmos « peuple » et agôgos (→ -agogue).
1 N. m. Hist. (dans l'ancienne Grèce). Chef d'un parti populaire.
1 (…) je voudrais qu'il me fût permis d'employer le terme de démagogues; c'était dans Athènes et dans les États populaires de la Grèce certains orateurs qui se rendaient tout-puissants sur la populace en la flattant (…)
Bossuet, Hist. des variations, V, §18.
2 N. Politicien qui flatte la multitude pour gagner et exploiter sa faveur. || Politique, éloquence de démagogue. || Le démagogue se plie aux caprices de la foule (→ Caprice, cit. 6). || Le démagogue est le pire ennemi de la démocratie.
2 Mais ce fut à la publication des Lettres de la Montagne que j'eus le premier signe de sa mauvaise volonté pour moi. On fit courir dans Genève une lettre à Mme Saladin, qui lui était attribuée, et dans laquelle il parlait de cet ouvrage comme des clameurs séditieuses d'un démagogue effréné.
Rousseau, les Confessions, XII.
3 De temps en temps les partis remettent des semelles neuves à leurs vieilles injures. En 1832, le mot bousingot faisait l'intérim entre le mot jacobin qui était éculé, et le mot démagogue alors presque inusité et qui a fait depuis un si excellent service.
Hugo, les Misérables, V, III, II.
3 Adj. Qui fait preuve de démagogie. || Orateur, politicien démagogue. || Il est trop démagogue.
Abrév. fam. (sens 2 et 3). || Démago (adj. et n.). || « Quel démago, il vient faire une heure de pub devant les grévistes » (Actuel, déc. 1974, p. 25). || Un discours populiste et démago.
DÉR. V. Démagogie, démagogique.

Encyclopédie Universelle. 2012.